-Les larmes rouges du citron vert- Lucie Brasseur

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Les larmes rouges du citron vert, raconte l’histoire d’une jeune trentenaire qui travaille pour une société de télé-achat. Son patron lui donne une étude à réaliser et Amy va se rendre compte que les SDF sont souvent dans l’oubli. Elle va être bénévole au Galaxie, un point d’accueil pour SDF. Alors qu’elle essaie d’établir une relation de confiance avec une jeune femme, elle est retrouvée morte quelques jours plus tard… L’enquête avance aux ralentis, Amy décide de mener sa propre enquête, ne comprenant pas les événements et va former un duo avec un jeune inspecteur entre attirance et hostilité, Amy plonge dans un monde inconnu rempli de mystère.

Le romanest classé dans les: Thriller, drame-social et jeu de séduction…

Rédigé à la première personne et sous forme de journal, il est difficile de classer ce premier roman de Lucie Brasseur. S’agit-il d’un thriller ? D’une critique sociale ? D’un Journal intime ? D’une histoire d’Amour ? En vérité, il est tout cela à la fois.
Je n’ai pas été convaincue par l’histoire, retrouvant parfois des similitudes avec les fans fictions. J’ai trouvé dommage, et la fin, bien qu’elle soit surprenante, a été selon moi bancale.

Le crime est un prétexte pour suivre cette jeune femme, et savoir ce qu’elle pense tout au long de l’histoire. Amy m’a fait penser aux jeunes femmes « princesse ». Elle m’a beaucoup irritée, je ne comprends pas pourquoi elle se plaint et surtout de quoi elle se plaint. L’attachement que fait Amy aux SDF assassiné et surréaliste, c’est trop, ils se connaissent à peine.

L’écriture est « girly » et vraisemblablement par mon truc, et l’intrigue deux bémols, le premier réside dans la fin explicative de toute l’intrigue et du pourquoi du comment… j’ai toujours eu beaucoup de mal, le second se situe au niveau du dernier chapitre que j’ai trouvé un peu troptrop…bancale, incohérent même.

Ce premier ouvrage essaie beaucoup de choses mais je pense que l’auteur s’écarte de son intrigue principale, ne parlant que « d’amour ».
Le caractère de l’héroïne a bien été réfléchi, mais je n’ai pas trop adhéré au motif des meurtres. Et certains personnages ne sont pas assez développés pour qu’on s’y attarde, ou qu’on comprenne certains motifs de l’histoire. J’ai aimé le style d’écriture par sa simplicité mais je n’ai vraiment pas aimé l’histoire.

En résumé, un livre qui se sert du polar pour raconter autre chose que du polar.

 

{MOI ET TOI – Niccolò AMMANITI 📖

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Parution : 23 Août 2012 / Édition France Loisirs
Format : 135 x 215 mm

Nombre de pages : 162
Prix : 15,00 €

 

Résumé +  Avis

J’ai découvert ce livre complètement par hasard sur le catalogue de France Loisirs et, rien qu’en lisant la quatrième de couverture, j’ai su qu’il me plairait et que je n’aurai pas de mal à m’identifier au personnage. En effet, durant mon adolescence, j’ai moi aussi souffert de solitude. J’avais des amis, certes, contrairement au personnage principal de ce roman, mais j’avais l’impression de ne pas arriver à me fondre dans le moule.

L’histoire se déroule en Italie sur une période de dix ans, de l’an 2000 jusqu’en 2010. Lorenzo est un jeune ado de quatorze ans et n’a pas d’amis, si bien que ses parents commencent réellement à se poser des questions et à l’emmener voir un psy. Pour les rassurer, Lorenzo s’en invente, prétextant que les après-midis où il n’a pas cours, il les passe chez ses camarades de classe, alors qu’en réalité il est avec sa grand-mère. Mais cette fois, il va pousser le bouchon bien plus loin : il a été invité à aller passer une semaine au ski chez l’une de ses camarades de classe, Alessia et sa famille. Mais Lorenzo a tout prévu : ses parents possèdent une cave dans laquelle ils ne se rendent jamais. Pourquoi ne pas y élire domicile le temps d’une semaine passée soi-disant a ski avec Alessia et d’autres adolescents qu’elle a, eux, réellement invités. Cependant, ce à quoi il ne s’attendait pas, c’est que sa demi-soeur Olivia, plus âgée que lui d’une dizaine d’années, fasse irruption dans la cave pour récupérer de vieilles affaires qui lui appartiennent. Autant vous le dire tout se suite : ni lui ni ses parents n’ont jamais eu de très bonnes relations avec Olivia..

Le nombre de pages est frustrante : le trop peu me laisse un goût d’inachevé. Et ici, le fil narratif est d’une fluidité confondante… les pages se tournent d’elles-mêmes et on arrive à la fin avec une légère déception du « déjà ! ». Plus de matière, plus de contenu auraient été les bienvenus ! Une dizaine de pages pour un après la cave, ne m’aurais pas gêné…

C’est un superbe roman émouvant et plein de surprises. Fusion mère-fils, solitude, égoïsme, adolescence, mue vers l’âge adulte notamment par l’expérience de drames, fratrie, toxicomanie – thèmes brillamment traités ici avec finesse et sensibilité. Je me suis beaucoup attaché a Lorenzo durant la lecture.

C’est un livre que je conseillerais volontiers à qui souhaite prendre des vacances, du recul ou simplement du bon temps. Saisissez ce tête-à-tête de Moi et toi !

#ClochetteKelly

J’ai lu {T.I.E.G de Guillaume Poncelet} 📖

 

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Résumé:

L’Humanité a été séparée en deux.
Une partie s’est entièrement tournée vers la technologie alors que l’autre, l’abandonnant complètement, vit recluse sur une planète éloignée des systèmes technologiques.
Mike Plant, un jeune boissérien de troisième cercle, en a assez de vivre en autarcie. L’Univers l’appelle, et il est bien décidé à lui répondre !
Pour le meilleur et surtout pour le pire, le voilà embarqué dans des aventures qui lui feront découvrir des mondes entièrement inconnus, et un tout autre mode de vie régi par les nouvelles entreprises interplanétaires ayant pris le pouvoir, les multisys.
Quitte même à ce qu’au détour d’un chemin, il se découvre lui-même.

Mon avis

Je pensais ne pas être emballée par l’histoire, eh bien… Quelle surprise!
J’ai été même plus qu’emballé, j’ai été prise par l’intrigue. Il se passe toujours quelque chose.
L’écriture est fluide, aérée, tout est expliqué tout au long du livre, pas une fois je ne me suis perdue dans le récit, ou je me suis demandée « qu’est-ce qu’était un boissérien, Multisys« . L’auteur d’écrit parfaitement chaque planète, chaque espèce. Tout est parfait…
Je ne vais pas en dire plus, mais je conseille ce livre. J’ai tellement peur de trop détailler que je préfère ne pas trop en dire, mais le personnage de Mike Plant est vraiment attachant.

C’était une belle lecture et j’ai passé un bon moment.

 

 

{Lecture Bilingue} Une affaire d’honneur / Les yeux Bleus 📖

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Infos sur le livre:
Titre – Une affaire d’honneur / Les yeux bleus
Auteure –  Arturo Pérez-Reverte
Style Parascolaire– Nouvelle Bilngue (Français, Espagnol)
Édition – Pocket
Année – 2016
Pages – 137 (Avec Lexique Français-Espagnol)

Résumé:

* Un asunto de honor
Une affaire d’honneur

Dans l’atmosphère lourde, pauvre et austère de l’Estrémadure, un routier, ancien taulard, rencontre une jeune vierge de 16 ans vendue par son maquereau à un entrepreneur corrompu. Le camionneur devient alors défenseur de la morale et de l’honneur.
Une idylle romantique pourra-t-elle fleurir dans un environnement si sordide ?

* Ojos azules
Les Yeux bleus

30 Juin 1520, les troupes de Hernán Cortés quittent la ville de Tenochtitlán (Mexico) poursuivies par les Aztèques. Parmi les soldats espagnols, un homme aux yeux bleus. Un sac d’or sur l’épaule, il s’apprête à fuir la capitale assiégée : il sait que cette nuit, sous une pluie battante, chacun tentera de rejoindre Tacuba, puis Veracruz. Nous sommes au coeur de la « Nuit Triste ».

Mon avis:

La lecture est fluide, les nouvelles se lisent vite, j’ai lu le livre en à peine 2h et si je n’avais pas été occupé en beaucoup moins de temps. (en lisant que la partie française) le livre est bien pensé, un côté Espagnol, l’autre Français, en prime des annotations qui permettent une meilleure compréhension pour la traduction et l’apprentissage de la langue.
La première nouvelle, « Une affaire d’honneur » est meilleure que « Les yeux bleus » selon moi. Les mots sont crus, mais l’histoire et la plume de l’auteur s’assemblent parfaitement, je n’aurais pas pu me plonger dans l’histoire s’il n’avait pas pris ce style-là. Avec des mots trop compliqués on se serait perdu. Cette fois on s’y retrouve parfaitement, ne perdant aucune miette de l’histoire, elle est courte mais efficace.
Tant qu’à la seconde, l’histoire de la guerre et des Indiens, je suis passé à côté, et je n’ai pas accroché, pas que l’auteur change de style, mais c’est un goût personnel. Les deux récits ont une atmosphère lourde.
Je conseille ce livre pour l’apprentissage de la langue, l’histoire qu’il nous raconte et la morale que nous retrouvons sur chaque page.

 

 

[Lecture]📖 Les petits enfants du siècle -Christiane Rochefort-

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Infos sur le livre:
Titre –Les petits enfants du siècle
Auteure – -Christiane Rochefort-
Style – Roman  – Français ( Littérature & Documents)
Édition – Éditions Le livre de poche
Année –1961
Pages – 159

Résumé:

Jo de Bagnolet  » est née des allocations et d’un jour férié dont la matinée s’étirait, bienheureuse « . Dix enfants vont suivre, apportant en prime à leurs parents la machine à laver, le Frigidaire, la télé, la voiture et le prix Cognac ! Josyane les élèvera tous. Ses seules distractions : les courses et ses devoirs le soir, sur la table de la cuisine. Ses seuls amis, Nicolas, le petit frère qui comprend tout, et Guido, le maçon italien, né sur les collines. L’amour de Guido bouleverse la vie de Josyane, il en chasse toute la laideur et la bêtise.

Avis d’Amazon: Christiane Rochefort fait ici un tableau criant de vérité des grands ensembles, de ces blocs illuminés la nuit, en plein ciel, si gris le jour, le béton cachant mal la pauvreté. Elle dit, admirablement et avec beaucoup d’humour, le mal de vivre à Bagnolet, à Sarcelles et autres lieux du même type, sans âme et sans arbres. Une oeuvre très forte du célèbre auteur du Repos du guerrier et des Stances à Sophie.

Mon avis:

Je suis passé par plusieurs étapes durant la lecture. La tristesse, vivre ainsi, faire des enfants pour l’argent, et que la fille ainée doit s’occupé de toute la famille à un si jeune âge… Puis je suis arrivée à l’émotion du premier amour, certe pas trés catholique, mais qui reste innocent. Puis à l’ennuie des vacances qu’elle passe loin de Paris, loin de Guido. Et j’en suis arrivée au stade où j’ai été choqué par l’attitude de Josyane, qui s’offre sans retenue aux hommes, et bien des malheurs aurait pu lui arrivé, mais reste tout de même à l’esprit Guido… le premier amour. ce n’est pas pardonnable mais on éprouve out de même une certaine empathie. Bien que cela puisse être bizarre.

La famille s’agrandit tout au long de l’histoire et l’héroïne élève ce petit monde jusqu’à la rébellion si je peu dire ainsi. Jo, ainée d’une famille nombreuses, nous raconte le chemin de sa vie, de  son enfance de bobonne  à l’age adulte, au milieu des immenses cités  dans les banlieues.

Quand au message du livre, je ne le comprends pas entièrement. Et en lisant l’avis Amazon (ci dessus) je rejoins ces quelques lignes… Mais l »auteure à réussit  à me plonger dans la tristesse et la misère  des années 60-70 et  accompagnée d’un style littéraire captivant.

{Poème} Mère – 어머니📖 Kim Chohyé

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Infos sur le livre:
Titre – Mère – 어머니
Auteure – Kim Chohyé
Style – Poème Bilingue Coréen – Français
Édition – Éditions L’Harmattan
Année –1995
Pages – 127

Description:

Inspirée par l’amour sacré qu’elle éprouve pour sa mère, l’écrivain Kim Chohyé, dans de courts poèmes, médite et retrace, à l’aide de mots simples et d’images délicates la vie quotidienne de sa mère, sa maladie, sa mort. Alors se dessine peu a peu le portrait d’une femme aimante, attentive aux siens, discrète, endurante, sereine… Aussi le lecteur partage-t-il, grâce à la sensibilité fine et nuancée de l’auteur, l’émotion des souvenirs lumineux et douloureux, le regret poignant de ce don parfait de soi-même, la beauté d’une pensée confucéenne si harmonieusement transmise qu’elle devient héritage universel.

Avant mon avis voici un passage de l’avant propose de L’auteur qui m’a particulièrement ému:

« Pour moi, ma mère est une source de larmes, et ceci n’est pas dû à sa mort, car déjà alors qu’elle était encore de ce monde,  chaque fois que je pensais à elle, je versais des larmes.

On dit que le créateur, sachant que chaque être humain avait besoin d’un dieu pour veiller sur lui en particulier, mais comprenant aussi que cela était irréalisable décida de donner à chacun une maman.

La mère est notre univers, elle est la source de la vie. Elle est notre lieu de repos, notre réconfort, notre espérance et notre confiance. Pour moi en particulier, ma mère fut tout, cela à un degré éminent.

Au milieu des difficultés de cette vie tumultueuse et agitée, toujours m’apparaît le visage de ma mère qui est pour moi un havre de paix. Quand elle était vivante, je n’ai su lui exprimer suffisamment mon affection. Maintenant qu’elle est partie pour l’ai-delà, je mesure combien elle nous aimait, et mon coeur est sujet à de poignants remords. »

Mon Avis:

Ce recueil de poèmes (regroupe 52 poèmes) est touchant, il m’a beaucoup ému et parlé. Les mots de l’auteur sont transmis de façon naturelle et plus d’une fois j’ai eu la larme à l’oeil.
Kim Cho-Hye nous fait partager au fil de ses poèmes les différents stades de pensée que l’on peut traverser, suite à la mort d’un proche. Le fait que le livre soit bilingue est un plus vraiment agréable, pour les amoureux de cette langue je le conseille vivement.
Ce livre  écrits par Kim Chohyé et traduit en français par JByon-Ziegelmeyer, en hommage à sa mère (disparue). Poèmes courts et écrits simplement, qui évoquent des souvenirs heureux (et douloureux aussi) dans lesquels transparaît une grande émotion avec beaucoup de sensibilité et fait méditer sur la disparition d’un proche.

retrouver ma vidéo lecture du poème N°41 en hommage à ma propre mère:

Au milieu de ma solitude

{Acide Sulfurique} Amélie Nothomb

Je l’ai lu en h, je n’ai pas décroché un seul instant… Un record! Il y avait longtemps que cela ne m’était pas arrivé.

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Résumé:

Concentration : la dernièretélé-réalité. On enlève des gens, on recrute des kapos, on filme… Tout de suite, le plus haut score de téléspectateurs, l’audimat absolu qui se nourrit autant de la cruauté filmée que de l’horreur dénoncée. Etudiante à la beauté stupéfiante, Pannonique est devenue CKZ 114 dans le camp de concentration télévisé. Zdena, une des kapos, tombe éperdument amoureuse de Pannonique, héroïne du livre et prisonnière connue sous le matricule « CKZ 114 ». La kapo veut absolument connaître son nom, et est prête à tout pour cela, même à tuer les prisonniers qui sont proches de Pannonique. Le bien et le mal en couple fatal, la victime et le bourreau, la belle et la bête aussi. Quand les organisateurs du jeu, pour stimuler encore l’audience, décident de faire voter le public pour désigner les prisonniers à abattre, un tollé médiatique s’élève mais personne ne s’abstient de voter et Pannonique joue sa vie…

 

Avis:

Amélie Nothomb sait mettre en lumière un aspect de la vie, de la société ou de l’être humain qui fait mal, qui blesse et qui dérange et nous en faire prendre conscience. Ici le sujet principal est la téléréalité, mais ce livre traite également de la lâcheté et de la cruauté humaine . Par exemple l’un des détenus sera prête à donner son corps, en échange de sa vie… On évoque également la manipulation, cette même femme sera manipulée pour atteindre pannonique à un certain moment de l’histoire, on y voit de l’obsession, Zdena qui veut à tout prix connaitre le nom de CKZ 114 et une fois qu’elle le sait essaie d’avoir sa confiance, et de l’avoir elle…

On en vient aussi à se demander et à se dire… « C’est peut-être poussé un petit peu à l’extrême mais cela ne risquerait-il pas d’arriver ? » Je pense que cela a le mérite d’être médité de plus ce n’est pas la première fois qu’une œuvre traite de ce sujet: Running Man, Marche ou crève, … Les médias arriveront-ils à de telles extrémités un jour y aura-t-il des gens encore suffisamment sains d’esprit pour empêcher cela ? Il y a de quoi se poser la question à l’heure actuelle tout est possible et ce livre nous en fait prendre conscience, nous avons déjà des émissions pour exhiber son corps, vendre son intelligence…

« Les anges » « les ch’tit » ou encore « secret Story » qu’apportent vraiment ses émissions à l’être humain? On veut se détendre? il y a d’émission pour cela, la télé réalité abrutie les gens et une question m’a réellement interpellée dans ce roman, quels sont les réels responsables . Les organisateurs qui ont eu ne serait-ce que l’idée de cet enfer retransmis sur les écrans? Les politiciens n’ayant pas eu le cran d’arrêter cela? Ou bien les téléspectateurs qui encouragent ses émissions en les regardant, puisque s’ils les boycottaient elles s’arrêteraient et Amélie Nothomb l’a bien compris et retranscris dans son roman, c’est une pépite, une belle découverte, une jolie plume! Le style de l’auteur est particulier mais addictif et nous fait poser les bonnes questions sur ce qui nous entourent…

{La table Citron} Julian Barnes 🍋

Résumé:

C’était son congé annuel. Ses deux jours de permission. Il s’était fait couper les cheveux comme d’hab, avait fait nettoyer son blazer comme d’hab. Il était un homme ordonné, avec des désirs et des plaisirs ordonnés. Même si ces plaisirs n’étaient plus aussi intenses qu’ils l’avaient été. Différents, disons. En vieillissant vous ne teniez plus aussi bien l’alcool… Alors vous buviez moins, appréciiez mieux la chose… Et même chose avec Babs – comme il se souvenait de cette première fois avec elle, il y avait déjà tant d’années… Chez les Chinois, le citron symbolise la vieillesse et la mort. La table citron étant celle autour de laquelle on vient en parler, tous pourraient donc s’y asseoir. Sinistre ? Pas du tout. Dans les onze nouvelles ciselées qui composent ce livre, Julian Rames joue sur différents registres, du plus cruel au plus tendre. Il y a du Tchekhov dans ces pages-là – la délicatesse, la retenue – et du Gogol – la dérision, le trait à l’emporte-pièce. Plus un humour inimitable.

Biographie de l’auteur

Julian Barnes est né à Leicester en 1946. Le plus brillant et le plus célèbre des romanciers anglais contemporains est l’auteur de plusieurs romans traduits en plus de vingt langues dont Le perroquet de Flaubert (prix Médicis essai), Love, etc. (prix Femina étranger), England, England et Arthur & George ; de recueils de nouvelles et d’essais, de livres de cuisine et, sous le nom de Dan Kavanagh, de quatre polars. Julian Barnes est aussi à l’occasion traducteur d’Alphonse Daudet.

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Avis:

Toutes les nouvelles parlent de personne avancée dans l’âge. Ils racontent leurs histoires, leurs souvenirs du quotidien. Divers sujets sont traités, la peur (la première nouvelle avec le salon de coiffure) il y a aussi leurs amours frustrées, non consommées, révélées au centre du récit mais qui retombent comme un soufflé (Histoire de Matt Israelson), ou encore ses deux amis qui boivent le thé ensemble où le secret est de mise. Il y a aussi ce vieux militaire qui passe quelques jours seuls tous les ans, pour « l’hygiène », et aussi cet homme qui découvre la vérité sur ses parents et cette femme qui lit des recettes à son mari atteint d’Alzheimer et qui réagit parfois en homme ordonné, parfois en obsédé sexuel, et sa femme se cache le vrai problème qui n’est pas issu que de la maladie mais aussi de la frustration. Et « silence » qui je soupçonne se parler de Kaji Motojirô… ou de sans inspirée, j’ai retrouvé plusieurs liens entre le livre de Kaji Motojirô et « le silence »

Du début à la fin nous apprivoisons la mort à travers les récits des protagonistes. Les textes diffèrent sur la longueur. L’humour de l’auteur est parfois osé mais compréhensible par tous. C’est un bon livre détente, et j’ai aimé l’échange des lettres de Sylvia W à l’auteur!

Henry Jaubert: Il ne s’est rien passé!

Henry JAUBERT

      • Il ne s’est rien passé _ Éditions Baudelaire

Résumé du livre

Il ne s’est rien passé, et pourtant ! Le narrateur, bien malgré lui, est au centre d’une histoire incroyable, qui débute à la chute du mur de Berlin en 1989, et ne connaîtra son dénouement qu’en 2016. Et si la France était passée à côté d’une catastrophe il y a quelques mois ? Au lecteur de faire la part de ce qui relève de l’imaginaire de l’auteur et de ce qui appartient à la réalité. Mais…
et si tout était vrai ? Un conte humoristique et pourtant tout en profondeur et en subtilité. L’auteur, lyonnais d’origine, très attaché à sa ville natale, s’essaye à l’art difficile de l’écriture après une carrière dans le monde des affaires. Il ne s’est rien passé est son troisième ouvrage.

Mon Avis :

Il ne s’est rien passé retrace l’histoire d’un homme qui a été autrefois un homme d’affaires, et qu’une fois à la retraite, il gagne une grosse somme d’argent.
Le cœur de l’histoire est un complot pour qu’un groupe (je tais le nom pour ne pas spolier le livre) veux récupérer pour cela ils se serviront de leurs connaissances pour arriver à leurs fins.

Malheureusement, je ne suis pas allé au bout du livre, je suis totalement passé à côté. J’ai été perdu dans le récit plus d’une fois, je suis revenus en arrière pour une relecture, une meilleure compréhension. Mais rien y fais, je suis passé à côté. Les dialogues et les récits du narrateur sont pour moi mélangé, ne formant qu’un bloc.
L’histoire est intéressante, et je pense laissé un peu de temps pour une relecture, d’ici quelques semaines.

Parce que pour le moment, il ne s’est rien passé, je n’ai pas accroché. Je conseille toutefois le livre, car je suis passé à côté mais VOUS peut-être vous aimerez les complots du super loto !!

Je reviendrais te lire : Henry Jaubert Il ne s’est rien passé, je n’ai pas dit mon dernier mot !

{Le citron🍋} La poésie de Kaji Motojirô

Le citron, l’œuvre inachevée de Motojirô KAJI (est un écrivain Japonais) est une succession de nouvelles comme autant de concentrés de vie, de sensations, d’observation. Ce livre est composé de courtes nouvelles toutes magnifiques ! L’auteur est mort à 31 ans de la tuberculose, et cette maladie transpire dans chacun des pages. Un journal imite, une merveille.IMG_20170413_124849_568

KAJII,_Motojiro_(1901-1932)_Japanese_short-story_writerné en 1901, passera sa courte vie avec une maladie : la tuberculose qui fait des ravages en ce début de siècle. Ce seront d’abord sa grand-mère puis ses frères et sœurs qui seront emportées. Il en sera atteint dès l’âge de vingt ans et les crises de fièvre, d’essoufflement, de douleur, de dépression hantera l’ensemble de son œuvre. Une maladie avec ses hauts et ses bas, mais qui exacerbe les sensations et crée une hypersensibilité à ce qui l’entoure. Les sensations sont décrites avec finesse et poésie, offrant au lecteur un univers insoupçonné à portée de main.

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Il est très difficile de raconter ce qui se passe dans ces courts récits, la poésie et la magie sont dans chaque phrase. Ces récits se lisent avec les yeux, les mains, le nez, l’oreille… le cœur. Ils se vivent plus qu’ils ne se résument. Il n’y a pas de héros, pas « d’action », juste un homme avec sa maladie, quelques amis, et le monde qui l’entoure et un livre « le citron »

La nouvelle qui ouvre ce livre est le citron. Le narrateur se promène et n’a pas goût à grand-chose (toujours cette maladie qui pèse comme une masse sur sa poitrine), jusqu’à ce qu’il découvre des citrons magnifiques chez la primeur. Il en achète un et tout son être s’en trouve métamorphosé au point de commettre un « attentat artistique ».
Dans L’Ascension de K ou la noyade de K, le narrateur nous dévoile sa rencontre sur une plage avec K, un homme fasciné par son ombre qu’il regarde des heures entières à la lumière de la lune.
Dans Jours d’hiver, un jeune homme très malade nous fait part de ses états d’âme. la mélancolie s’installe devant le paysage d’hiver et ses ombres menaçantes. Puis une grande fatigue le prend dans les rues de Ginza.

Sous les cerisiers, ma préférée, est une très courte nouvelle qui s’ouvre par la fameuse phrase « sous les cerisiers sont enterrés des cadavres ! ». Une nouvelle belle et sombre : les cadavres produisent un liquide cristallin pour abreuver les fleurs. Toute beauté est “tragique”et c’est de cette beauté dont le narrateur a besoin.
Hallucinations instrumentales nous offrent une soirée de concert et décortiquent pour nous toutes les sensations auditives d’un narrateur malade : ravissement à l’écoute des instruments dans la première partie, puis glissement de l’écoute vers les occupants de la salle.
Histoire de la conduite d’eau arrive dans la continuité avec, cette fois, le bruit très faible de l’eau qui s’écoule dans une vieille conduite sous un chemin de montagne. Entre clartés d’une idéale et sombre désespérance : deux représentations d’une même réalité.
Caresses (mon deuxième préféré) font cette fois appelle au toucher : évocation des sensations que l’on éprouve à caresser les oreilles du chat, paix procurée par les pattes du félin posées sur les paupières. Un récit entre douceur et cruauté, entre rêve et réalité.

Le livre fini par Accouplements, le narrateur y évoque des visions nocturnes. Deux chats jouent ensemble et ne s’enfuient que lorsque le veilleur de nuit s’approche, bonheur et insouciance. Puis deux grenouilles : un mâle chante pour une femelle, la femelle lui répond, le mâle la rejoint en nageant. Une des beautés de ce monde.
Ce sont des moments fugaces, des instants précieux, beaux mais douloureux lorsque la maladie rôde et finit par avoir le dessus. L’auteur nous livre ces récits comme un héritage spirituel et poétique, un message pour nous qui ne savons plus contempler : regarder, admirer, profitez de chaque instant de la vie qui nous est offerte, car elle est bien trop courte.

Extrait de Caresse :

« L’oreille du chat est vraiment une drôle de chose. Mince et froide, elle est couverte de poils ras au-dehors et luisante au-dedans, comme la peau d’une pousse de bambou. Elle est d’une matière indéfinissable, à la fois dure et tendre, tout à fait particulière. Depuis mon enfance, j’avais toujours eu une envie irrésistible d’y donner, clac, un coup de poinçonneuse à tickets. Imagination cruelle ? Non. Elle était entièrement due à l’étrange pouvoir de suggestion que possède cette oreille. »